COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Disparition de Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah : Le CHF-Guinée appelle les autorités à faire toute la lumière sur leur situation

Le Conseil d’Administration du Club Humanitaire Sans Frontières (CHF-Guinée) exprime sa profonde préoccupation à la suite de l’arrestation, dans la soirée du mardi 9 juillet 2024 à Conakry, d’Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, coordinateur national du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), et de Mamadou Billo Bah, responsable des antennes et de la mobilisation du mouvement.

Selon les informations rendues publiques par plusieurs organisations de défense des droits humains, les deux responsables ont été interpellés au domicile d’Oumar Sylla à Conakry et conduits vers une destination qui n’avait pas été officiellement communiquée dans les jours suivant leur arrestation. Un troisième membre du FNDC, Mohamed Cissé, avait également été interpellé avec eux.

Au regard de la gravité de la situation, le CHF rappelle que toute personne privée de liberté doit bénéficier des garanties prévues par la loi : information sur les motifs de son arrestation, accès à un avocat, possibilité de communiquer avec sa famille, protection de son intégrité physique et présentation devant l’autorité judiciaire compétente.

Le secret entourant le lieu où se trouvent Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah suscite donc une inquiétude légitime.

Pour CHF-Guinée, quelles que soient les opinions exprimées par les personnes concernées ou les reproches susceptibles de leur être adressés, aucune considération politique ou sécuritaire ne saurait justifier qu’un citoyen soit soustrait aux garanties élémentaires de la procédure judiciaire.

La liberté d’expression, la liberté d’opinion, le droit de réunion pacifique et le droit à la sûreté constituent des garanties fondamentales de l’État de droit. Leur protection doit demeurer effective, y compris dans les périodes de fortes tensions politiques.

Le Club Humanitaire Sans Frontières demande en conséquence aux autorités guinéennes de communiquer sans délai des informations précises sur le lieu où se trouvent Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah, et de garantir leur sécurité ainsi que leur intégrité physique et morale.

Si des infractions leur sont reprochées, CHF-Guinée demande qu’elles soient clairement établies conformément à la loi, que les intéressés puissent bénéficier de l’assistance de leurs avocats et que toute procédure engagée contre eux respecte strictement les garanties d’un procès équitable.

Dans le cas contraire, l’organisation appelle à leur remise en liberté.

CHF-Guinée demande également qu’une enquête indépendante, impartiale et transparente permette d’établir les circonstances exactes de leur arrestation, l’identité des personnes ou services impliqués et les conditions dans lesquelles ils ont été conduits vers un lieu demeuré inconnu.

Les informations publiées à ce stade sont d’autant plus préoccupantes qu’Amnesty International indiquait, le 11 juillet 2024, que les deux militants étaient détenus au secret depuis leur arrestation par des personnes armées en uniforme dans la soirée du 9 juillet. L’organisation demandait aux autorités de révéler leur lieu de détention, de garantir leur sécurité et de leur permettre l’accès à leurs familles et à leurs avocats.

Le Club Humanitaire Sans Frontières rappelle aux autorités de la transition que la préservation de l’ordre public et de la stabilité nationale doit rester compatible avec le respect des droits fondamentaux.

La stabilité d’un État ne se construit pas en faisant disparaître les interrogations légitimes de ses citoyens. Elle se construit par la force des institutions, la transparence des procédures et la capacité de la justice à s’appliquer à tous.

CHF-Guinée lance également un appel à l’ensemble des acteurs politiques et sociaux afin que cette situation ne soit ni instrumentalisée ni utilisée pour alimenter davantage les tensions. L’urgence doit rester la protection des personnes concernées, la manifestation de la vérité et le respect de la loi.

Le Conseil d’Administration de CHF-Guinée restera particulièrement attentif à l’évolution de cette situation et réaffirme son engagement en faveur de la protection des défenseurs des droits humains, de la liberté d’expression et du respect de l’État de droit en République de Guinée.

Où se trouvent Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, et Mamadou Billo Bah ?

À cette question, leurs familles, leurs avocats et les citoyens ont droit à une réponse claire des institutions compétentes.

Conakry, le 12 juillet 2024

Pour le Club Humanitaire Sans Frontières

Le Président du Conseil d’Administration

Tribunaux et sorcellerie : Expertise culturelle dans le procès pénal au coeur d’une rencontre scientifique de haut niveau

Le thème Tribunaux et sorcellerie : Expertise culturelle dans le procès pénal est le sujet qui a réuni du 11 au 14 Mai 2022 à l’Université Alhassane OUTTARA de Bouaké, des scientifiques Historiens de droit ou Juristes, sociologues, anthropologues, praticien, coutumiers, doctorants, étudiants… venus entres autres de la République de Guinée, du Sénégal, du Bénin, du Cameroun, de la France et des Universités Ivoiriennes (Daloa, Korhogo, Abidjan, Bouaké…).

Photo de famille des chefs coutumiers et certains experts venus prendre part au colloque

C’est dans cette optique que M.Cherif DIALLO, Président du Conseil d’Administration du Club Humanitaire sans Frontières Guinée et par ailleurs Enseignant-chercheur en Sciences Juridiques a été officiellement retenu et invité par le CAHDIIP et ses partenaires.

Dans son intervention, M.Cherif DIALLO a préféré se pencher sur la réflexion liée au juge guinéen en formulant son sujet comme suit : « Tribunaux et sorcellerie : Perception et interprétation faites par le Juge guinéen ».

M.Cherif DIALLO, lors de son intervention en tant que panéliste au colloque international tenu du 11 au 14 Mai 2022

Lors de son exposé, il a rappelé qu’en République de Guinée, le crime de sorcellerie est prévu et puni par la Loi N°2016/059/AN du 26 octobre 2016 portant promulgation du Code pénal guinéen qui, au Chapitre VI parle des atteintes à l’exercice et des troubles à l’ordre public commis par le ministère des cultes. La section 3 dudit chapitre est relative principalement au Charlatanisme. L’article 704 de la Loi suscitée dispose : « Est puni d’un emprisonnement de 1 à 5 ans et d’une amende de 500.000 à 1.000.000 de francs guinéens ou de l’une de ces deux peines seulement, quiconque participe à une transaction commerciale ayant pour objet l’achat ou la vente d’ossements ou d’organes humains ou se livre à des pratiques de sorcellerie, de magie ou charlatanisme susceptibles de troubler l’ordre public et porter atteinte aux personnes ou à la propriété.»

Ainsi, pour mieux aborder son sujet, l’expert guinéen invité pour la circonstance a décidé de formuler sa problématique en se demandant sur quelle base pourrait se fonder le juge guinéen, en tant que juge ordinaire, ayant pour principal arme les sources du droit positif, n’ayant pas été initié aux sciences occultes et n’ayant pas suffisamment ou nullement d’expertise culturelle en matière de procès pénal pour interpréter ou juger une affaire de sorcellerie proprement dite au sens stricto census du terme sans aucune requalification des faits ?

Dans la réponse à cette problématique, il a décidé tout d’abord de parler du niveau de prise en compte du phénomène sorcellaire dans la législation guinéenne avant d’aborder la perception et l’interprétation du juge guinéen en matière de sorcellerie.

Par rapport au premier point, il a rappelé qu’en parcourant la loi Loi N°2016/059/AN du 26 octobre 2016 portant promulgation du Code pénal guinéen, l’on se rend compte que la sorcellerie n’est mentionné qu’à la section 3 du Chapitre VI qui nous parle par ailleurs des atteintes à l’exercice et des troubles à l’ordre public commis par le ministère des cultes. Dans la section 3 du Chapitre VI cité ci haut, le législateur n’a consacré qu’une seule disposition mentionnant la terminologie « Sorcellerie » et l’assimilant au charlatanisme qui est d’ailleurs l’intitulé de ladite section.

A la lecture de cette unique disposition, l’on se rend compte que le législateur guinéen, à travers la Loi L059 du 26 Octobre 2016 portant promulgation du Code pénal ne donne aucunement pas une définition expresse de la sorcellerie. Par ailleurs dans toute la législation guinéenne y compris les 1011 articles qui constituent la loi L/059, le législateur n’emploi la terminologie « Sorcellerie » qu’une seule fois. Par ailleurs le Code de procédure pénal n’en fait point cas.

Il a rappelé en abordant le second point, que l’établissement des preuves pour des faits de sorcelleries étant très complexe et subjectifs aux yeux des juges guinéens, ils s’attèlent donc à juger plus les conséquences de la sorcellerie qui pourraient en outre entraîner le trouble à l’ordre public ou des infractions sus-jacentes à la sorcellerie tel que le meurtre, l’assassinat, l’empoisonnement, l’homicide volontaire avec des circonstances aggravantes pour certains cas, l’envoûtement. C’est pourquoi, on comprend alors la difficulté de juger la négativité surtout dans un régime juridictionnel relevant de la positivité d’un droit qui ressort à la fois de la responsabilité individuelle et de l’objectivation des preuves et qui fait moins allusion à l’expertise culturelle.

En concluant ses propos, M.Cherif DIALLO a confirmé que vu ses recherches, les échanges et les différents témoignages qu’il s’avère incontestable que le phénomène sorcellaire existe dans nos sociétés et que seuls les sorciers animés de mauvais esprits sont concernés par une procédure judiciaire. Et par ailleurs, il a mis une mention spécial sur l’insuffisance du système juridique africain en général et celui guinéen en particulier sur les questions relatives à la sorcellerie avant de confirmer avec une pleine conviction que nos tribunaux à l’état actuel de leurs compositions et de leurs fonctionnement sont matériellement incapables pour connaître ou se prononcer sur des faits de sorcellerie au sens stricto sensu du terme.

Par conséquent il a recommandé aux juristes de poursuivre ces genres de réflexions pouvant mener à la révision des législations nationales en vue de prendre en compte de façon plus large les questions relatives aux sciences occultes en général et la sorcellerie en particulier puis que ce sont des phénomènes qui reflètent nos réalités sociétales. En plus il affirme qu’il croit fermement à la possibilité de mettre en place des juridictions spécialisées en matière de sciences occultes et dont les juges devant siéger seront initiés et prêteront serment conformément au droit traditionnel.

En plus de M.Cherif DIALLO, la participation des Professeurs titulaires à l’image des Professeurs Seydou DIOUF de l’Université Cheick Anta DIOP du Sénégal, Séraphin NENE BI des Universités ivoiriennes et Directeur du CAHDIIP, le Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques de l’Université Abomey CALAVI du Bénin, Sylvain SOLEIL de l’Université de Rennes 1, Thierry HAMON, les Docteurs Simon BELLA et Achille Magloire NGAH venus des universités camerounaises et plusieurs autres Enseignants des Universités ivoiriennes (Félix Houphouët BOIGNY d’Abidjan, Péléforo Gon Coulibaly de Korhogo et Alhassane Ouattara de Bouaké) et praticiens ont permis de rehausser le niveau d’intérêt des échanges.

Parmi les participants, il faut rappeler qu’en plus des experts invités, les étudiants, les auditeurs des Masters, les Doctorants ainsi que plusieurs autres scientifiques ivoiriens ont pris part avec intérêt à la rencontre scientifique et ont contribué, témoigné et poser des questions pertinentes qui ont permis de mieux enrichir les débats.

 Pour terminer, il faut rappeler que les chefs traditionnels et coutumiers de plusieurs chefferies de la Côte d’Ivoire ont massivement pris part audit colloque ainsi que des femmes appelées les « Komians » détentrices des pouvoirs des chefs coutumiers.

En images le Professeur Séraphin NENE BI, Professeur des Universités et M.Cherif DIALLO, Président du Conseil d’Administration du CHF et Enseignant-chercheur

C’est par des notes de satisfaction et la remise des diplômes au participant que le colloque a prit fin.

Pour la riposte contre la COVID-19 la SYNOG vole au secours des personnes vulnérables

Don au Centre d’Accueil « La Lueur d’Espoir en Guinée »

Le Club Humanitaire sans Frontières-Guinée en tant que membre de la plateforme Synergie des ONGs  pour la riposte contre la COVID-19″SYNOG » a participé ce Samedi 18 Juillet 2020 au don des matériels et kits sanitaires destinés aux orphelinats ainsi que les centres d’accueils.

Après SOS Village d’Enfant, c’est le centre d’accueil « La Lueur d’Espoir en Guinée » sis à Kipé qui a bénéficié de ce geste composé de matelas, de kits sanitaires, de savons, de bavettes et de vêtements.

Depuis son engagement pour la riposte contre cette pandémie, les ONGs membres de la SYNOG dont le Club Humanitaire sans Frontières (CHF); Guinée Débout pour son Développement (GDD), Femmes Engagées pour la Salubrité (FES) ; Association pour la Restauration des Estuaires et Mangroves de Guinée (ARPEM); Jeune Chambre Internationale Conakry-Trésor (JCI), la Plateforme de Plaidoyer, de Recherche et renforcement de Capacité des ONGs (PRONG), sur fonds propres et à travers l’appui technique de certains partenaires et personnes de bonnes volontés se sont fortement mobilisés pour apporter un soutien aux personnes vulnérables et affectées par la COVID19 à travers ses accompagnements en matériels et des séances de sensibilisations.

Pour en faire de la riposte COVID19 en 60 Jours une réalité en République de Guinée, la SYNOG n’entend pas s’arrêter là, d’autres personnes vulnérables et fortement affectées par cette pandémie continueront de bénéficier de ces gestes dans les prochains jours.

Ensemble respectons les mesures barrières !

 

Lettre de solidarité à l’activiste Amadou BARRY alias le Général suite à son interpellation arbitraire à koloma 2, Commune de Ratoma

L'activiste Amadou DIALLO alias Le Général

Ce 30 Mai 2019, nous apprenons avec consternation et tristesse de l’arrêstation du Vice-président de notre organisation et de sa conduite vers une destination inconnue par des agents encagoulés et non identifiables selon des témoins oculaires.

L’activiste Amadou BARRY, Vice Président du Club Humanitaire sans Frontières arrêté ce 30 Mai 2019 à Koloma 2

C’est un face à face qui a dégénéré entre force de l’ordre et jeunes venu soutenir leur leader face à une situation d’injustice qui prévalaient à la clinique de koloma 2. Une chasse aux sorcières qui est déclenchée contre les activistes, après l’arrestation arbitraire de Oumar Sylla alias Fonike Menguè, la condamnation de 7 membre du FNDC du côté de Kindia pour attroupement illégal, d’interpellations de journalistes pour faire taire les acteurs qui ont la voix aux chapitre, c’est au tour du camarade Barry Amadou coordinateur du FNDC de koloma 2 ce 30 Mai 2019.

« (…) C’est hier vers 13h que la femme de mon fils a commencé à se plaindre des douleurs de son bas ventre et nous nous sommes rendus à la clinique et les docteurs nous ont signalés qu’elle doit subir une intervention chirurgicale le plus rapidement que possible. C’est suite à cela que j’ai donné mon accord sans appeler mon fils pour ne pas l’inquiéter et après quelques heures l’opération s’est bien passé et elle a donné naissance à deux jumeaux. Elle s’est réveillé sans complications, je ne sais par quelle magie le chef de quartier a été informer de cela et s’est présenté avec deux pickups, ils ont demandé où se trouvait mon fils et ont commencé à nous violentés pour savoir où se trouve mon fils chose que nous avons catégoriquement refusé. J’ai contacté mon fils pour l’informer de la situation et le prévenir de ne pas rentrer aujourd’hui, mais malheureusement après un moment il s’est présenté à la clinique et toute suite les militaires ont essayé de l’enlever. Une bagarre a éclaté entre les militaires et ses amis qui étaient déjà là, mais ils ont finis par partir avec mon fils vers une destination inconnue. Depuis hier on sillonne les différents commissariats pour savoir est mon fils sans nouvelles, je vous demande de m’aider pour savoir où il est, j’ai peur par ce que vous savez ce qui se passe ces derniers temps et s’ils l’on tué qu’on me rende son corps au moins (en pleure) ».

Témoignage poignant de la mère de l’activiste:

C’est une mère meurtrie, désespérée que nous avons eu sans aucun espoir de retrouver son fils un jour.

Cher camarade, Je répète cette citation de l’artiste Jean Louis Barrault qui rappelait aux opprimés la poursuite de la lutte pour la démocratie et la justice « La dictature c’est fermé ta gueule, la démocratie c’est cause toujours« .

Et, voilà que tu apprends à tes dépends que nous sommes en plein dictature, pour avoir simplement lutter pour les textes et lois durement acquises par nos vaillants devanciers. Cette lutte citoyenne que tu à toujours menés et que tu continues de mener très certainement de partout où tu te trouve au prix du sacrifice ultime, afin de rendre justice et la dignité du peuple de  Guinée confisquée par un clan mafieux sans vergogne.

Cher ami et camarade de lutte, Toi qui n’a cessé de répéter : « Nos frères qui sont tombés pour la liberté et la justice, nous ont légué là un défis incommensurable, celui de lutter jusqu’à la victoire finale pour que plus jamais une dictature ne s’installe dans notre pays« . Rassure toi cher compagnon, ou que tu sois, la lutte sera très difficile mais le peuple sortira victorieux de cette bataille pour l’implémentation d’une alternance démocratique dans notre pays.

Amadou BARRY, et ses collègues après une Assemblée Générale extra-ordinaire

Pour toutes les victimes de la répression à travers le pays, le combat continuera ; car, nous sommes conscients que l’actuel régime autocrate tend vers sa chute. C’est pourquoi, il use de tous les moyens non conventionnels pour traquer les activistes, faire taire les critiques et resserrer son emprise politique. Nous devons continuer ce combat ; car, seule la démocratie permet à la société civile d’être indépendante, les femmes et les jeunes de s’épanouir et à la presse d’être libre. Et, seule, elle peut instaurer l’équilibre dans notre société.

Vive la justice ! Vive la Démocratie ! Pour que vive la paix et la quiétude sociale dans notre pays !

Le Conseil d’Administration du Club Humanitaire sans Frontières